Kobudo



Le Kobudo d'Okinawa

Les cours de Kobudo sont dispensés par Yves Ledy qui suit l'enseignement et l'école de Maître Chinen.

Le Kobudo est un art à part entière, un tout en soi, un système complet et varié, indépendant du karaté. Il nécessite un travail des bases et la maîtrise de katas spécifiquement créés pour le Kobudo. Voilà pourquoi, il n'est pas exact de considérer la pratique des armes d'Okinawa comme une sorte de prolongement de l'étude du Karaté même si les bases de cet art se retrouvent dans une certaine mesure dans le Kobudo et que de nombreux pratiquant de Karaté à Okinawa pratique également les Kobudo. C'est également la raison pour laquelle il n'est pas exact non plus de travailler les katas du Karaté avec des armes, les katas du Kobudo sont beaucoup plus appropriés. A la différence du Karaté, l'apprentissage du Kobudo peut-être très dangereux. Il exige une parfaite maîtrise du corps ainsi que des armes, qui doivent en devenir une partie inséparable.

L'originalité des Kobudo d'Okinawa réside dans la synthèse qui en a été faite et dans l'état d'esprit qui présidait à leur emploi. Il n'y eut qu'à Okinawa que ces techniques furent développées avec une telle intensité et un tel degré de détails.

Ils sont réellement le reflet à la fois des possibilités physiques et des dispositions mentales de tout un peuple de paysans et de pêcheurs perpétuellement menacé, motivé par une farouche volonté d'indépendance et favorisé par l'habitude de résoudre avec astuce les problèmes posés par une existence difficile.

La traduction littérale du mot Kobudo signifie : art martial ancien ; mais on peut aussi le traduire comme : art du comportement spirituel vis-à-vis du combat.

SUITE à l'occupation d'Okinawa par les japonais et l'interdiction totale de posséder des armes, les habitants créèrent tout un arsenal d'armes improvisées à partir des outils et des instruments agraires.

C'est ainsi que des armes tels que le Bo (bâton), le Sai (trident en métal), le Nunchaku (fléau en bois), le Tonfa (manche en bois des meules à riz), l'Eiku (rame), le Kama (faucille), le Chimbe (bouclier fait en carapace de tortue), le Seiryuto (machette) ..., il en existe vingt-huit, furent inventées.

Au fil des temps ces arts de défense furent maintenus à Okinawa, tel le feu qui couve sous la cendre, grâce à une pratique secrète, le plus souvent de nuit. A cette époque, les relations de Maître et disciple étaient très intime et l'entraînement très rigoureux se pratiquait d'une manière très réaliste, avec l'idée de vie ou de mort toujours présente. Petit à petit des individualités plus douées que d'autres sortirent de la masse des pratiquants pour devenir à leur tour des Maîtres. Deux de ces Maîtres ont marqué l'histoire du Kobudo, il s'agit de Maître Moden YABIKU et de Maître Shinko MATAYOSHI, ce sont ces derniers qui firent la synthèse et codifièrent l'enseignement du Kobudo, lui permettant, ainsi, de se transmettre, de génération en génération, jusqu'à nos jours.


Maître Kenyu CHINEN

Né en 1944 dans l'île de IE à Okinawa, Il a commençé à apprendre le Kobudo en 1963 sous la férule du Maître Shinpo MATAYOSHI 10e Dan et le Karaté Do Shorin Ryu avec le Maître Shuguro NAKAZATO 10e Dan.
En 1976 Maître Kenyu CHINEN décide de tout abandonner au japon pour transmettre les enseignements traditionnels qu'il a reçu de ces 2 grands Maîtres.
Il choisit la France pour sa situation centrale en Europe et s'installe à Paris

Il est maintenant 8ème Dan de KARATE DO et 7e Dan de KOBUDO
Actuellement il suit l'enseignement en Karaté Shorin Ryu de Maître Katsuya MIYAHIRA 10e Dan descendant direct des Maîtres CHIBANA et MOTOBU.
Maître Kenyu CHINEN a crée l'association OSHU KAI INTERNATIONAL pour regrouper tous les élèves de Karaté Do et de Kobudo qui suivent son enseignement traditionnel.
OSHU KAI signifie l'école des Techniques Originelles.


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LES ARMES DU KOBUDO


LA PROGRESSION dans l'étude des différentes armes est guidées par la difficulté et la dangerosité de leur maniement.

Traditionnellement, les adeptes se spécialisent, en concentrant leurs efforts sur un maximim de trois armes, après s'être initiés à l'ensemble de celles-ci. La progression et les katas cités ici sont ceux de l'école de Maître MATAYOSHI.
 
Quelques armes....
parmi bien d'autres...


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Le BO

Le bâton (Bo ou Kon) est probablement l'arme la plus primitive et la plus évidente. A l'origine c'était l'instrument de  travail des hyakusho, les cultivateurs. Il s'en servaient comme balancier pour transporter de lourdes charges sur leurs épaules. Le véritable Bo d'Okinawa va en s'amincissant aux extrémités. Il constitue l'arme de base du Kobudo, celle que l'on étudie en premier et que l'on travaille toute sa vie. C'est l'arme du Kobudo qui possède le plus de techniques et de Katas.
Les principaux katas sont : Bo-kihon-ichi, Bo-kihon-ni, Shushi-no-kon, Choun-no-kon, Sakugawa-no-kon, Chiken-bo (Tsuken-no-kon), Shishi-no-kon.


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Le SAI

Ce trident en métal a une longue histoire ; on en trouve des ébauches et des formes très voisines dans de nombreux pays du Sud-Est asiatique, notamment en Chine, en Inde, en Indonésie. On pense que des marins de Sumatra ou de Java en ont introduit l'usage dans les Ryu-Kyu. Il était utilisé durant les siècles passés par les policiers d'Okinawa.
Le Sai est une sorte de dague dont la “ lame ” est représentée par une tige de fer arrondie, de section légèrement conique, et encadrée par une large garde à deux branches pointues et recourbées vers l'avant. Certaines lames sont de sections octogonales. Il existe actuellement diverses formes de gardes de Sai, plus ou moins ouvertes ou recourbées. Seul le manche de l'instrument est entouré d'une corde ou d'un bandeau torsadé (tissu ou cuir) pour assurer une meilleure saisie. Fondamentalement le Sai s'utilise par paires, placées le long des avant-bras. Autrefois (et cela apparaît encore dans certains katas) le combattant avait un troisième Sai, passé à la ceinture, au milieu du dos, qu'il pouvait lancer en direction de l'adversaire ou avec lequel il pouvait remplacer un Sai brisé au cours d'un engagement. Il existe également un curieux Sai, pointu des deux côtés, sans manche, et à la garde en forme de S : c'est le Manji-Sai qui peut s'utiliser le long de l'avant-bras comme un Sai normal ou, planté par une extrémité à la pointe d'un bâton, il devient une lance à l'efficacité terrible (c'est alors l'art du Nunti).
Très bien équilibré, le Sai est utilisé pour bloquer, dévier des armes tranchantes, soit de la lame soit de la garde ; on attaque en frappant comme avec un sabre, en crochetant avec la garde ou en piquant de la pointe ou du pommeau. La garde permet également de capturer l'arme adverse par un mouvement de torsion du poignet, une fois qu'elle est engagée. Cela exigeant une grande souplesse de la main et du poignet.
Dans la progression du Kobudo le Sai est l'arme que l'on étudie en second.
les principaux katas sont : Sai-Kihon-ichi-no-kata, Matayoshi-no-sai-dai-ichi, Matayoshi-no-sai-dai-ni, Chinbaru-no-sai.


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Le TONFA

Son véritable nom à Okinawa est TUNKUWA, littéralement “ l'instrument pour pendre la marmite ”. C'est un manche en bois dur, long d'environ 50 cm, pesant environ 1 kg et dont aux trois quarts de sa longueur est plantée perpendiculairement une poignée cylindrique. Il existe différents modèles de Tonfa de section ronde, trapézoïdale ou carrée.
Le Tonfa s'utilise généralement par paire, solidement maintenus le long du tranchant extérieur de chacun de ses avant-bras. La pratique requiert beaucoup de concentration, d'équilibre général du corps, de force et de souplesse dans les poignets. L'allonge supplémentaire qu'il procure, alliée à des mouvements circulaires, en font une arme redoutable, aussi bien défensive qu'offensive. C'est d'ailleurs un modèle de Tonfa qui équipe les policiers Américains.
Dans la progression du Kobudo le Tonfa est la troisième arme étudiée.
Les principaux katas sont : Tonfa-kihon-ichi-no-kata, Matayoshi-no-tonfa-dai-ichi, Matayoshi-no-tonfa-dai-ni.


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Le NUNCHAKU

On ne connaît pas avec certitude l'origine du Nunchaku : mors de cheval ou plus probablement fléau à riz. L'instrument est un modèle de simplicité : il suffit de deux morceaux de bois reliés par une corde pour obtenir une arme terrible. Le modèle de base du fléau se compose de deux morceaux de bois dur, d'égale longueur (chaque branche a de 30 à 60 cm, en fonction de la longueur de l'avant-bras de celui qui l'utilise : la longueur idéale va du milieu de la main à la pointe du coude), légèrement évasés aux extrémités libres pour en renforcer la densité, et reliés par une cordelette, à l'origine faite de crin de cheval ou de paille de riz tressée, parfois remplacée par une chaînette pour éviter que le lien ne soit coupé par une arme tranchante. La longueur de cette attache est d'environ 10 cm : plus longue, les mouvements deviennent dangereux pour celui qui utilise le nunchaku (en raison de l'amplitude trop grande), plus courte elle permet moins de liberté dans le maniement, rétrécit le rayon d'action de l'arme et s'use plus rapidement.
Le nunchaku sert aussi bien à la défense qu'à l'attaque. L'expert en nunchaku est un adversaire particulièrement redoutable par l'allonge, la force et la précision exceptionnelles de son arme.
C'est également une arme à la fois très technique et dangereuse à manier, c'est pour cela que dans la progression traditionnelle du Kobudo d'Okinawa l'étude de cette arme se situe en quatrième position.
les principaux katas sont : Matayoshi-no-Nunchaku-dai-ichi, Matayoshi-no-Nunchaku-dai-ni.


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Le SANTSETSUKON

C'est un nunchaku à trois branches d'égale longueur reliés par une chaîne dont l'origine est chinoise.
De part sa longueur et la force centrifuge générée son maniement est à la fois difficile et très dangereux. Il faut des années pour parvenir à s'en servir adroitement. C'est pour cela que son étude n'est pas entreprise avant le grade de 3e dan.
Il n'y a qu'un seul kata : Hakuho.


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Le EIKU

C'est la rame des pêcheurs qui l'utilisait également pour leur défense personnelle. Ses techniques se rapprochent de celles du Bo, avec une préférence pour les mouvements tranchants. Un coup porté par la partie tranchante de la rame est si puissant que la peau de l'adversaire en est automatiquement coupée.
L'étude de cette arme est réservée aux dan supérieurs car son étude très difficile n'est abordée qu'au niveau du 4e dan.
Il n'y a qu'un seul kata : Chikin-Hakashu-no-Eku-di.


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Le KAMA

C'est la faucille, au manche court, utilisée de nos jours encore, Pour la moisson. En Kobudo, l'instrument est le même que celui dont se sert le paysan ; aucune adaptation n'a été nécessaire. Cette arme terrible s'emploie généralement par paire. Afin de ne pas risquer de perdre un manche au cours d'une action rapide, ou pour en allonger le rayon d'action, il peut se pratiquer avec des lanières, sorte de dragonnes passant par les manches et reliées aux poignets : l'art consiste alors à lâcher l'arme au cours d'un mouvement, pour la reprendre aussitôt dès que, maintenue par la corde, elle revient rapidement en arrière ou tourne autour du poignet grâce à la force centrifuge développée.
On conçoit que le maniement de cette arme blanche, très dangereuse même pour celui qui s'en sert, soit réservé aux experts et ne soit pas abordée avant le 4e dan.
Il n'y a également qu'un seul kata pour cette arme : Kama-no-Ti.


Il existe d'autres armes de kobudo que nous ne détaillerons pas ici puisque l'on en totalise 28 parmi lesquelles :
la Kuwa (houe), le Timbê (bouclier en carapace de tortue) le Suruchin (corde aux extrémités lestées par des pierres), le Tekko (forme de poing américain), le Seiryuto (machette) etc.
La pratique de ces armes n'est de toute façon abordée qu'à partir des dan supérieurs.




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